Lutte contre la dystrophie musculaire - phase 2 (WCG)
Etudier les interactions entre plus de
2200
protéines dont
les structures sont connues
(particulièrement celles qui ont un rôle dans les maladies neuromusculaires).
Nom anglais
du projet : Help
Cure Muscular Dystrophy
Le World Community Grid
met sa technologie à disposition des seules organisations
publiques ou à but non lucratif pour qu'elles l'utilisent
dans des recherches humanitaires qui, autrement, risqueraient de ne pas
aboutir en raison du coup élevé de
l'infrastructure informatique nécessaire en l'absence
d'infrastructure publique. Dans le cadre de notre engagement
à faire progresser le bien-être de l'homme, tous
les résultats seront versés au domaine public et
transmis à la communauté scientifique mondiale.
Le projet de Lutte contre la Dystrophie
Musculaire, emmené par le Dr. Alessandra Carbone
de l'Université
Pierre et Marie Curie s'est associé
à des
équipes spécialisées dans le domaine
des grilles informatiques (Jean-Marie Chesnaux du CNRS ),
la modélisation moléculaire (Richard Lavery du
CNRS) et l'analyse
moléculaire des myopathies (Pascale Guicheney de l'INSERM).
Le World Community Grid et les
chercheurs parrainés par Décrypthon, un
partenariat entre l'AFM,
le CNRS, l'Universite Pierre et Marie Curie
et IBM,
étudient les interactions entre plus de 2200
protéines dont les
structures sont connues, avec un accent mis sur les
protéines qui ont
un rôle dans les maladies neuromusculaires. La base de
données
contenant les informations produites aidera les chercheurs à
élaborer
des molécules pour inhiber ou améliorer
l'association de certaines
macromolécules, ce qui pourrait améliorer les
traitements des
myopathies et des autres maladies neuromusculaires. Que
sont les maladies neuromusculaires et la myopathie de Duchenne ?
Le terme
générique « maladie neuromusculaire
» désigne un groupe de
maladies (plus de 200 au total) qui affectent le fonctionnement des
muscles, soit en touchant directement le muscle (dystrophie
musculaire), soit indirectement en touchant le nerf moteur ou la
jonction entre le nerf et le muscle. La plupart de ces maladies sont
rares (moins d'une personne sur 2 000 est affectée), elles
sont
d'origine génétique (80% des cas) et affectent
aussi bien les enfants
que les adultes. Ces maladies chroniques conduisent à une
diminution de
la force musculaire et occasionnent un handicap
sévère de la fonction
motrice (mouvements, respiration, etc.). Les manifestations de ces
maladies sont variables. Certaines sont progressives alors que d'autres
peuvent rester stables durant plusieurs années. De plus, la
même
pathologie peut produire des symptômes différents
d'une personne à
l'autre.
Malgré
les avancées des approches thérapeutiques, il
n'existe à ce jour
aucun traitement curatif disponible de ces maladies.
Comment
rejoindre l'Alliance Francophone
Cliquez ici,
puis appuyez sur le bouton vert "rejoindre cette équipe".
Comment
sélectionner le projet de lutte
contre la dystrophie musculaire une fois
inscrit
Mes Projets
(sélectionnerHelp
Cure Muscular Dystrophy - Phase 2,
éventuellement cocher l'option pour recevoir des
unités d'autres projets lorsque aucune unité du
projet choisi n'est disponible), valider en appuyant sur enregistrer
(en bas à droite)
La gestion
de son compte
Se rendre sur la page d'accueil du site WCG : www.worldcommunitygrid.org/
Choisir Mes Calculs dans le menu en haut.
Vous pouvez aussi y accéder
directement en appuyant sur ce
lien
Rentrer son nom de membre ainsi que son mot de passe.
Vous avez la possibilité de gérer les
préférences vous concernant.
Notamment de changer votre nom de membre, d'avoir une vue d'ensemble
des unités calculées,
ou de changer les préférences du projet dans les options avancées.
Il est aussi possible de choisir dans Mes projets si voulez participer
à un ou plusieurs projets en particulier, ou de demander
à participer au bêta test de nouveaux projets.
Lorsqu'un nouveau projet arrive sur
WCG, il est automatiquement coché sur tous les comptes.
C'est à l'utilisateur de faire la démarche si il
ne souhaite pas participer à ce nouveau projet.
La FAQ du projet
Qu'est-ce
que le programme Décrypthon ?
Le
programme Décrypthon, lancé en mai 2004, est
né d'un partenariat entre
l'AFM (Association française de dystrophie musculaire), le
CNRS (Centre
national français de la recherche scientifique) et IBM (www.decrypthon.fr).
Le programme inclut la mise à disposition d'une plate-forme
technologique de pointe reposant sur les technologies de grille (Grid
Computing). Il fournit des moyens technologiques, financiers et humains
et s'appuie sur la participation d'universités partenaires
ainsi que
sur le réseau à très haut
débit RENATER (Réseau National de
Télécommunications pour l'Enseignement et la
Recherche) et
d'utilisateurs individuels de l'Internet.
L'objectif
de ce programme est de fournir aux groupes de recherche des moyens de
calcul très importants via la technologie de grille, ainsi
que des
moyens techniques de calcul partagé, afin de faciliter et
accélérer le
développement de programmes de recherche dans les domaines
de la
biologie et en particulier des maladies neuromusculaires. Il fournit
également aux chercheurs l'expertise et le support
nécessaires à la
validation et au portage et à la diffusion de leurs
applications
scientifiques sur la grille (IBM et CNRS), ainsi qu'un financement
(AFM) de leur projet.
Quelles
sont les fonctions des protéines ?
Les
protéines sont à la base des
mécanismes biologiques :
ce
sont des éléments biologiques qui catalysent
toutes les réactions
biochimiques dans le fonctionnement cellulaire (ce sont les enzymes).
ce sont les éléments structuraux de
base qui constituent les os, les muscles, les vaisseaux sanguins, etc.
Dans
la mesure où les protéines jouent un
rôle fondamental en biologie, les
scientifiques ont séquencé le génome
humain, qui constitue la « matrice
» pour ces protéines. Il contient le code
génétique qui spécifie la
séquence en acides aminés, briques
élémentaires qui constituent les
protéines.
L'un des objectifs de la
biologie moderne est de
comprendre le rôle des protéines et comment elles
interagissent dans la
cellule.
Quelle
est la structure d'une protéine ?
Les
protéines sont de grosses molécules
constituées par l'assemblage
d'unités de base : les acides aminés. Les
protéines ne restent pas à
l'état de simples chaînes d'acides
aminés, mais se replient en une
forme compacte particulière (structure tridimensionnelle)
qui donne la
spécificité de sa fonction à la
protéine.
Ainsi,
la seule connaissance de la séquence en acides
aminés ne suffit pas à
nous indiquer le rôle de la protéine dans la
cellule. Pour pouvoir
assurer sa fonction, une protéine doit avoir une
conformation
particulière nommée « repliement
tridimensionnel ». Pour jouer leur
rôle, les protéines se replient par
elles-mêmes. Ce processus de
repliement des protéines qui est une étape
fondamentale en biologie,
reste un mystère.
Le
nombre de conformations que peut prendre une protéine est en
théorie
très grand. Cependant, une seule structure correspond au
repliement
correct de la protéine trouvée dans l'organisme.
Les cellules ont
développé des mécanismes permettant
d'aider les protéines à se replier
correctement pour jouer leur rôle spécifique dans
l'organisme.
Par
ailleurs, quand les protéines ne se replient pas
correctement, elles
peuvent conduire à des développements
pathologiques tels que la maladie
d'Alzheimer, Huntington, Parkinson ou différents cancers.
Les
informations obtenues sur la structure des protéines sont
importantes.
Elles permettent non seulement d'identifier les protéines
partenaires,
mais également de déterminer la
manière dont ces interactions
pourraient être perturbées par des mutations
naturelles ou créées
artificiellement dans l'une des protéines partenaires, ou
encore par
des molécules médicaments.
Qu'est-ce
que la modélisation moléculaire ?
La
modélisation moléculaire fait appel à
des méthodes théoriques et à des
moyens informatiques pour modéliser le comportement des
molécules. Les
méthodes de modélisation sont
utilisées pour étudier la structure de
systèmes biologiques comme le repliement des
protéines, ou les
interactions moléculaires entre une protéine et
un ligand allant de
systèmes biologiques simples (petites molécules)
à des systèmes plus
complexes (complexes de protéines).
Toutes
les techniques de modélisation moléculaire
décrivent les systèmes
modélisés au niveau atomique. Le plus petit
niveau d'information est
l'atome ou un groupe d'atome.
Les
interactions entre les atomes voisins (les atomes sont les plus petites
unités élémentaires de la
matière) peuvent être
représentées par des
interactions élastiques (ressort qui représente
les liaisons
chimiques). Un modèle mathématique complexe qui
prend en compte la
somme des énergies potentielles (force) décrit
ces interactions entre
les atomes.
Ainsi,
pour des structures complexes comme les protéines
(composées de
centaines d'atomes pour les plus petites), la modélisation
tridimensionnelle nécessite des moyens de calcul important.
Qu'est-ce
que le docking entre une protéine et un ligand ?
Le
rôle biologique de la plupart des protéines
connues à ce jour n'est pas
complètement élucidé. Les
protéines qui participent à des processus
biologiques bien décrits peuvent avoir des interactions avec
d'autres
protéines ou avoir d'autres fonctions qui sont sans rapport
avec le
processus dans lequel elles ont été
identifiées initialement.
De
la même manière, un grand nombre de
protéines « hypothétiques »
ont été
décrites lors du programme de
séquençage du génome humain. Pour ces
protéines, la séquence en acides
aminés est la seule information
disponible.
Aussi,
pour chaque protéine, les chercheurs tentent-ils de trouver
: le(s)
protéine(s) partenaire(s) in-vivo, la structure
tridimensionnelle de la
protéine et de ses complexes ainsi que le type d'interaction
(forte ou
faible) entre les partenaires.
Le
docking d'une protéine et de son ligand est une technique de
modélisation moléculaire qui tente de
prédire la position et
l'orientation (la structure tridimensionnelle) d'une
protéine en
relation avec un ligand (une autre protéine, de l'ADN, un
médicament,
etc.).
Les
méthodes de docking sont fondées sur des
principes purement physiques.
Même les protéines de fonction inconnue (ou qui
ont été très peu
étudiées) peuvent être «
dockées ». La seule condition préalable
est
que leur structure tridimensionnelle ait été
déterminée
expérimentalement, ou qu'elle puisse être
estimée par une approche
théorique (modélisation).
Les
techniques de docking peuvent être utilisées pour
différentes
approches, principalement dans le screening (filtrage) virtuel de
banques de molécules chimiques pour sélectionner
des médicaments
potentiels.
L'écran
de veille
Economiseur
d'écran/Graphiques: Quand je regarde les images de
l'économiseur d'écran, sur quoi est en train de
travailler mon ordinateur?
Votre
ordinateur est en train de travailler sur une interaction
spécifique
entre protéines parmi les nombreuses dont les structures
sont connues,
avec l'accent mis sur les protéines qui ont un
rôle dans les maladies
neuromusculaires. La base de données contenant les
informations
produites aidera les chercheurs à élaborer des
molécules pour inhiber
ou améliorer l'association de certaines
macromolécules, ce qui pourrait
améliorer les traitements des myopathies et des autres
maladies
neuromusculaires.
Economiseur
d'écran/Graphiques: Pourquoi y a-t-il deux
molécules colorées?
Cette disctinction est
faite pour représenter les deux protéines
partenaires dont
l'interaction est en train d'être calculée. Leurs
positions respectives représentent la
configuration spatiale qui est calculée par
l'unité de calcul.
Economiseur
d'écran/Graphiques: Que représente la barre
d'avancement?
La barre d'avancement
représente la progression de votre ordinateur sur
l'unité en cours de calcul.
Que
représentent Erelec et Etmin dans le cercle en haut
à gauche de la fenêtre du graphique ?
Le
but du programme de docking entre deux protéines est de
trouver la
configuration spatiale qui favorise au mieux le complexe entre ces deux
protéines et de voir si elles ont une chance d'interagir, si
elles
étaient confrontées dans le monde
réel, c'est-à-dire dans un système
biologique. La qualité de cette interaction entre deux
protéines est
évaluée par une énergie d'interaction
Etmin (exprimée en kcal/mol). Le
terme Erelec représente la contribution
électrostatique dans l'énergie
d'interaction. Cette énergie dépend directement
des charges électriques
dans toute la protéine. Plus l'énergie
d'interaction (Etmin) est
négative, plus l'interaction
protéine-protéine est forte.
Pour
plus de détails sur le calcul de l'énergie
d'interaction entre deux
protéines, reportez-vous à la publication
scientifique suivante : M.
Zacharias, Protein-protein docking with a reduced protein model
accounting for side-chain flexibility, Protein Science 12,1271 (2003) http://protsci.highwire.org/cgi/content/abstract/12/6/1271
Economiseur
d'écran/Graphiques: Que représentent les deux
noms dans le cercle en bas à gauche?
Il
s'agit des noms des deux molécules qui tournent dans le
grand cercle de
l'économiseur d'écran. Ces deux
molécules sont ce sur quoi votre
machine est en train de calculer.
Economiseur
d'écran/Graphiques: Qu'est ce que l'UPMC?
UPMC est l'acronyme de
Université Pierre et Marie Curie (http://www.upmc.fr). Pour plus
d'information sur la participation de l'UPMC à ce projet, cliquez ici.
Economiseur
d'écran/Graphiques: Que représente le chiffre 2
derrère le nom "Help Cure Musculare Dystrophy"?
Celà
indique que c'est la phase 2 du projet "Help Cure Muscular Dystrophy"
qui est active. Pour plus d'information à propos de la phase
2, cliquez ici.
Economiseur
d'écran/Graphiques: Qui sont les personnes
représentées dans le diaporama ?
De gauche à droite :
Yann
Ponty - Chercheur post-doctoral du Laboratoire d'Informatique de Paris
6, CNRS-UPMC, chercheur post-doctoral AFM/CNRS en 2008, Analyse des
données de la première phase du projet de lutte
contre la dystrophie musculaire, interface entre les application JET et
MAXDo ; critère de prédiction des
relations entre les protéines.
Stefan Engelen - IR Genoscope, Evry, chercheur post-doctoral
AFM entre 2006 et 2008, Prédiction des sites de
liaison entre les protéines and
développement de l'application JET
Quelle
est la différence entre la première phase et la
seconde phase du Projet de Lutte contre la Dystrophie Musculaire?
La
première phase du projet de Lutte contre la
Dystrophie Musclaire" s'est terminée en Juin
2007. Les chercheurs ont analysé les
résultats pour élaborer la
phase 2. Leur rapport est disponible à cette adresse: http://www.ihes.fr/%7Ecarbone/HCMDproject.htm.
A
propos du projet :
Du gène à
la pathologie
En
1986, le premier gène impliqué dans une myopathie
a été identifié : le
gène de la dystrophine pour la dystrophie de Duchenne de
Boulogne.
Depuis, les progrès réalisés dans le
domaine de l'analyse génétique ont
permis d'identifier plus de 200 gènes à l'origine
de maladies
neuromusculaires. Cependant, la fonction et les interactions des
protéines correspondantes sont
généralement inconnues. Le nombre de
gènes identifiés a augmenté mais les
connaissances sur ces pathologies
ont révélé la complexité de
l'expression de ces maladies.
Toutes
les cellules d'un organisme comprennent la même information
génétique
contenue dans l'ADN. L'expression des gènes (plus de 25 000
ont été
identifiés chez l'homme et forment le génome)
permet la production de
protéines (plus de 45 000 ont été
décrites, chaque gène codant en
moyenne pour 1,6 protéines). Ces protéines
assurent le fonctionnement
des cellules, avec des spécificités d'expression
variables selon
l'organe comme les muscles. Certaines d'entre elles sont des enzymes,
d'autres sont des molécules impliquées dans des
voies de signalisation.
D'autres encore sont des récepteurs qui se lient
à d'autres protéines
appelées ligands avec une affinité et une
spécificité très grandes
(comme celles que l'on observe entre une clé et une
serrure). Enfin,
certaines peuvent être des protéines structurales.
La structure
tridimensionnelle de la protéine (structure 3D)
détermine ses
interactions avec les autres constituants de la cellule, et donc sa
fonction.
Le
fonctionnement des muscles est dépendant d'un grand nombre
de
protéines. Ces dernières sont
localisées et agissent à différents
niveaux de la cellule musculaire, du corps cellulaire ou de l'axone du
motoneurone qui stimule le muscle. Elles peuvent également
se trouver à
la jonction neuromusculaire entre le nerf et le muscle.
La
plupart des maladies neuromusculaires sont dues à des
mutations
génétiques, c'est-à-dire des mutations
dans certains gènes qui
provoquent des anomalies dans les protéines correspondantes.
Ces
mutations entraînent la formation de protéines non
fonctionnelles,
voire partiellement fonctionnelles, ou peuvent même conduire
à
l'absence totale de synthèse de la protéine. Les
pathologies
neuromusculaires sont différentes selon la
protéine impliquée et sa
localisation.
Pour
que les chercheurs puissent comprendre les maladies neuromusculaires,
ou comment les protéines cessent d'assurer leur
rôle fonctionnel dans
le muscle ou le nerf, ils ont besoin de connaître en
détail la fonction
et les interactions des protéines impliquées dans
ces pathologies.
La
connaissance de la fonction et des interactions des
protéines est
également nécessaire pour aider les chercheurs
à concevoir des
stratégies thérapeutiques. En l'absence de ces
connaissances vitales,
ils ne pourront pas développer de thérapies
innovantes pour la grande
majorité des maladies neuromusculaires.
Le
World Community Grid et le projet Décrypthon d'assemblage
moléculaire
Le
projet de Lutte contre la Dystrophie Musculaire utilisera la puissance
du World Community Grid pour déterminer les interactions
protéine-protéine pour plus de 2.200 structures
protéiques connues et non redondantes. Ces
protéines sont archivées dans la Banque de Données
des Protéines. Parmis les protéines
analysées, vous trouverez une bonne part de
protéines jouant un rôle dans les mutations
génétiques observées dans les cas de
pathologie neuromusculaire.
Ce
projet permettra la création d'une base de
données contenant des
informations sur les sites d'interactions potentielles des
protéines
qui auront été analysées. Des travaux
complémentaires permettront
d'étudier les interactions de ligands avec l'ADN (tels que
des
médicaments). L'intérêt
thérapeutique est important, car s'il est
possible de modéliser une petite molécule pour
inhiber ou augmenter
l'interaction d'une molécule avec un partenaire, il est
beaucoup plus
difficile de comprendre comment cette même
molécule peut influencer
directement ou indirectement d'autres interactions existantes.
L'approche
proposée dans ce projet combine l'utilisation d'informations
évolutionnistes (comment l'évolution a
modifié les protéines pour
améliorer leurs fonctions) et la modélisation
moléculaire
(détermination par calculs informatiques de la position
relative de
deux partenaires qui interagissent entre eux) pour identifier des
interactions potentielles entre deux protéines.
La
modélisation moléculaire fait appel à
des méthodes théoriques et à des
moyens informatiques pour modéliser le comportement des
molécules. Ces
méthodes et techniques servent à
étudier la structure des systèmes
biologiques comme le repliement des protéines, ou
l'identification de
liaisons entre une protéine et un ligand allant de l'analyse
de petites
molécules à des systèmes plus
complexes (interactions entre plusieurs
protéines).
L'assemblage
entre une protéine et son ligand (docking) est une technique
de
modélisation pour prédire la position et
l'orientation (structure
tridimensionnelle) d'une protéine en relation avec son
ligand (une
autre protéine, l'ADN, un médicament, etc.). Les
méthodes de docking
sont fondées sur des principes purement physiques.
Même les protéines
de fonction inconnue (ou qui ont été
très peu étudiées) peuvent
être «
dockées ». La seule condition préalable
est que leur structure
tridimensionnelle ait été
déterminée expérimentalement, ou
qu'elle
puisse être estimée par une approche
théorique (modélisation).
L'approche
par docking moléculaire commence
généralement par l'interrogation d'une
base de données de molécules de structure
tridimensionnelle connue, en
essayant de trouver des paires de molécules qui ont une
affinité à se
lier entre elles. Cette affinité est
évaluée à l'aide d'une fonction
calculant pour chaque interaction un score. Au final, un classement des
paires de molécules présentant les meilleures
caractéristiques de
liaison pour une protéine ciblée est
établi. La qualité de
l'interaction est caractérisée par une composante
géométrique et une
composante chimique. La composante géométrique
détermine la manière
dont les surfaces (structure tridimensionnelle) des
molécules
interagissent entre elles, à la manière d'une
main dans un gant. La
composante chimique décrit la qualité des
interactions atomiques entre
les deux molécules partenaires (les interactions
moléculaires
sont-elles fortes ou faibles ?).
Pour
les structures complexes telles que les protéines (les plus
petites structures sont composées de milliers d'atomes), il
faudrait un temps de calcul considérable pour
déterminer les protéines qui ont une
affinité à se
lier entre elles. Grâce à World Community Grid,
les calculs nécessaires pour calculer ces docking prendra
énormément moins de temps. Pour les 168
premières protéines
sélectionnées lors de la première
phase, la durée de calcul processeur était
de 8.000 années. Avec
2.246 protéines pour la seconde phase, la
durée de calcul estimée est de 11,46 x
8000 = 91.680 années de calcul World Community Grid (World
Community Grid a une puissance de calcul d'environ 300
années de calcul processeur par jour)
Une
solution pour franchir cette barrière du temps de calcul est
d'utiliser
les informations liées à l'évolution
des protéines pour prédire les
sites potentiels d'interactions. Un docking moléculaire peut
ainsi être
réalisé pour les surfaces des
protéines qui ont le plus de chance
d'interagir entre elles. Cette analyse préliminaire
fondée sur
l'évolution des protéines permet de
réduire considérablement le temps
de calcul par un facteur 100, et ainsi d'étendre l'analyse
à un plus
grand nombre de protéines en sollicitant l'aide essentielle
du World
Community Grid. Sans l'aide du World Community Grid, les temps de
calcul nécessaires pour mener ce projet avec un grand nombre
de
protéines seraient prohibitifs.
Les
volontaires qui mettent leur PC à la disposition du World
Community
Grid participeront à ce programme de recherche des meilleurs
partenaires protéine-protéine. Leur participation
permettra de mener à
bien d'autres projets conduits par l'AFM, le CNRS, l'INSERM et d'autres
acteurs scientifiques. Ils contribueront ainsi à
l'élaboration d'outils
qui amélioreront les connaissances scientifiques
indispensables au
développement de thérapies nouvelles pour les
maladies rares.
Cet article a été publié le 04-07-2007 17:21. Vous pouvez suivre les commentaires suscités par cet article grâce au fil RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire.
Dernière mise à jour 13-05-2009 23:09
Vos commentaires (0)
Seul les utilisateurs enregistrés peuvent commenter un article.